CADUCK

CADUCK : voyez dans ce nom tous les calembours possibles !

Caduck, c’est avant tout un musicien poète qui renouvelle, tout en le continuant, le genre de la chanson française à texte. Avec son écriture fine, précise et directe, il se dit très inspiré par ses aînés.

Désopilant mais plus rebelle encore que dans « La Retraite à trente ans », voilà que Caduck nous revient avec « Les Noces de Célibat ». C’est fraîchement cinglant !  Ici, il fait mine d’être la voix d’une génération, celle qui est vieille avant d’être jeune, qui veut tout, tout de suite : la retraite, les noces, le célibat.

L’artiste, comme toujours joue au piano un rythme barge, l’accompagnant de sa voix gouailleuse et théâtrale, presque pathétique.

Il y a de quoi : être mal accompagné, mâle accompagné, ou non accompagné, c’est sa seule litanie, au pauvre célibataire !

Caduck nous plonge dans l’essence même de la chanson française, celle qui maltraite les mots et les sujets. Celle qui pique et nous fait rire. Et, par la même occasion, il commente mélodiquement la société actuelle telle qu’il la perçoit

On adore.

Avec « Paris », Caduck s’essaie à un exercice de style plutôt délicat, celui de chanter la ville lumière. Et il s’en sort plutôt bien, s’ancrant dans la longue liste de chanteurs français qui l’ont célébrée. Paris, selon Caduck…

Un peu anar, Caduck ? Un peu, oui. La retraite à trente ans met en scène un plumitif, peut-être un fonctionnaire, rédigeant «des tonnes de dossiers» dans un monde absurde. Tel un petit clin d’œil à Brigitte Fontaine qui, elle, «cavale comme une damnée».

Caduck et son public, c’est avant tout l’amour des mots. Ensemble, ils entonneront ses chansons et retrouveront ainsi avec joie l’univers des polissons de la chanson française. Qui de mieux que Serge Gainsbourg, Boris Vian, Georges Brassens ou encore plus près de nous Philippe Katerine et Vincent Delerm ?

C’est ce public nombreux qui fera que Caduck prendra sa retraite le plus tard possible…

Un râleur bien français ? Qu’on ne s’y trompe pas, Caduck est bien un artiste de son temps. Il y a sous l’humour revendiqué un regard acéré sur notre société. Nos petits problèmes du quotidien sont transcendés, en quelque sorte universalisés. Car n’est-ce-pas le rôle du poète que de nous atteindre tous dans nos particularités ?

L’artiste reste cependant mystérieux. C’est avec escient qu’il ne parle pas de lui, pour mettre en avant son seul travail de compositeur. Nous dirons familièrement « qu’il ne nous la fait pas » tant on sent l’influence de la scène musicale des années 70 et 80.