cat loris

Aragon disait « on pense à partir de ce qu’on écrit, jamais le contraire ». Pour la sensible Cat Loris ce serait plutôt « si je n’écris pas, je n’existe pas ». Dans sa vie, l’écriture est même de l’ordre de la catharsis : « Si je n’écris pas, je tombe malade, je me perds, je ne me comprends plus. » La chanson à texte, elle aime depuis toujours. C’est à 8 ans, en écoutant « L’encre de tes yeux » de Francis Cabrel qu’elle décide d’embrasser le métier d’auteur de chansons. D’autres artistes vont plus tard être des révélateurs d’elle-même, des tuteurs. Clarika et Renaud en tête de liste. « Renaud, c’est un mineur de fond. Il va chercher de l’or en lui pour nous, pourtant c’est difficile car il y a aussi beaucoup de charbons en soi. » Cat commence alors à écrire des poèmes et à chanter seule en imitant les autres. Cette envie irrépressible de créer des chansons est dans sa tête et deviendra le phare qui lui permettra de garder le cap pour y parvenir. Comme tout être normalement constitué, elle ne craint pas le paradoxe : après avoir exploré divers univers musicaux, de Whitney Houston au Hard Rock, tout en suivant des études artistiques à la Sorbonne, Cat prend la direction qui est la sienne aujourd’hui.

Elle commence peu à peu à tourner dans les cafés concerts parisiens, avec ses amis Jean Olivet (pour qui elle a écrit deux textes sur son album sorti en 2007) et Jean-Marie Desbeaux, des artistes fondateurs et fondamentaux pour elle. Une famille de cœur. Des gens qui partagent sa sensibilité. Bonne élève qui veut tutoyer l’excellence, Cat Loris suit l’atelier d’écriture du légendaire auteur Claude Lemesle. Pour continuer « encore et encore » à apprendre. Elle lance le chantier « album », en 2016. Il s’appellera Hypersensible, ce qu’elle est intrinsèquement. « Mon premier album, c’est comme le lest que je balance pour que la montgolfière pique vers le ciel. J’ai fait ce disque pour sceller ce qui a été, pour pouvoir avancer… et je l’ai fait aussi pour mon fils. » Elle s’est tournée vers Chadi Chouman (guitariste de Debout sur le Zinc), dix ans après l’avoir rencontré sur Myspace. «Avec Chadi, j’ai appris énormément. Il n’a pas la langue de bois. Il m’a managée, coachée, a arrangé mes titres pour les valoriser… Il m’a débarrassée du trop-plein de moi-même. Cette épure a mis du béton dans mes failles. »

(François Alquier)