Arsinoé

Bonjour.
Je m’appelle Arsinoé.
J’ai vingt-quatre ans et j’ai la trouille d’écrire un truc aussi sérieux qu’une présentation. Alors j’ai décidé de déposer mon cœur.
La musique m’a envoûtée très tôt. Je me rappelle d’après-midis entiers passés à chanter et à danser sur le carrelage du salon avec ma mère. Je devais avoir trois ans. A l’époque, on écoutait du Julien Clerc, du folk breton et de la musique des Andes.
Puis j’ai grandi et je suis rentrée au conservatoire. C’était moins drôle : il fallait étudier et travailler jusque très tard le soir. Je n’aimais pas le solfège.
Moi, ce que je voulais, c’était faire briller les yeux des gens. Mais le conservatoire ne m’aidait pas à le faire. Alors, j’ai commencé à composer toute seule, des paroles surtout, et puis, plus tard, des mélodies. J’ai toujours voulu écrire mon cœur, parce que je pensais que c’était ce qui avait le plus de chances de toucher les gens. Encore aujourd’hui, je me rends compte à quel point c’est vrai. Ne pas chercher le show ni se donner en spectacle mais simplement être soi.
C’est la chose la plus belle et la plus difficile que j’aie jamais eue à faire.
***
J’ai longtemps été timide. Jusqu’à l’âge de quinze ans, j’avais peur de chanter en public. Et puis, un jour, j’ai rencontré une chanteuse de variétés qui avait participé à beaucoup de spectacles dans sa vie. Elle m’a beaucoup bousculée.
« Tu chantes trop lyrique. »
« Articule, on ne comprend rien. »
« Qui tu veux tuer quand tu chantes ? »
« Tu n’es pas sous ta douche, tu es sur scène. Il y a des gens devant toi. »
« Arrête de gesticuler dans tous les sens. »
Je lui ramenais des reprises de chanteurs que j’aimais : Marc Lavoine, Piaf, Brel, les Rita Mitsouko. Elle me disait de trouver mon style.
Je m’énervais.
***
Un jour, je suis arrivée avec une composition. C’était un truc étrange, à mi-chemin entre la musique house, le mantra et le chant grégorien. Elle l’a écouté et elle a fait une drôle de tête.
« Je suppose que ton style est comme toi : complètement déjanté. »
Sur le coup, ça ne m’a pas fait plaisir.
Maintenant, j’assume.
Je suis un cocktail Molotov à la Catherine Ringer qui oscille entre l’humour burlesque et décalé et la poésie d’enfance.
Je suis pleine de joie, de folie, d’humeurs. J’ai des émotions changeantes.
Ma voix me trahit. Tout ce que je ne dis pas, elle le montre. Alors j’ai décidé d’accompagner ma voix : ces chansons c’est un peu mon cœur que j’offre.
A toi qui me lis, merci d’avoir accepté le cadeau de mes chansons.